L'édition critique

Pour commencer, le thème imposé étant la littérature sentimentale et/ou érotique du XIXe siècle, nous avons effectué une recherche thématique principalement dans la base de données Gallica. Le deuxième paramètre était la rareté des éditions du texte. Dans ces conditions, notre choix s’est porté sur Fleurs d’adultère d’Aurélien Scholl. D’abord parce que cet auteur et ses œuvres sont presque tombées dans l’oubli, et ensuite parce que nous avons été intéressées par son style cinglant, qui introduit une dimension humoristique dans le traitement littéraire de la sexualité. Nous avons basé notre travail sur le texte mis à disposition par Gallica, quatrième édition de 1880, publiée par E. DENIS Editeur.

Ensuite, compte tenu du thème qui nous était imposé, nous avons sélectionné les nouvelles qui répondaient à cette exigence. Nous avons donc retenu dix des trente-neuf textes que nous avons décidé de présenter sous trois catégories : l’adultère proprement dit, les relations de couple de manière plus générale et la sexualité du clergé.

Notre travail d’annotation est essentiellement explicatif. En effet, Scholl appuie son propos sur de nombreuses références à des lieux, personnes, ou événements de la vie mondaine et culturelle. Or la plupart de ceux-ci sont aujourd’hui tombés dans l’oubli ou presque. Le style d’écriture, très moqueur, rend ces références allusives : le sous entendu est ici un ressort du comique de situation. Nous avons donc effectué de nombreuses recherches dans l’histoire sociale du XIXe siècle pour parvenir à les expliciter. Les autres explications portent sur les expressions tombées en désuétude. Nous avons laissé au lecteur le plaisir de l’interprétation des sous-entendus de Scholl : ils sont trop facilement compréhensibles pour justifier la présence de notes, tendant tous vers la même conclusion, c'est-à-dire l’hypocrisie sociale quant à la sexualité.