Fleurs d'adultère
Fleurs d’adultère est un recueil de trente neuf nouvelles d’Aurélien Schöll paru en 1880. A cette époque, il travaillait au journal le Nain Jaune, qu’il avait créé dix-sept ans auparavant. Il y puise directement son inspiration : les nouvelles du recueil sont directement tirées de ses chroniques.
Ce recueil mêle nouvelles purement fictives et anecdotes de la vie mondaine parisienne. Les deux thèmes principaux qui traversent les nouvelles sont le sexe et l’adultère (féminin bien entendu) d’une part et la religion d’autre part. D’une manière générale, c’est la critique d’une société hypocrite dont il dévoile les travers et les ridicules.
La petite histoire raconte que le dernier duel qu’Aurélien Schöll eut à affronter fut provoqué par le Comte de Dion mécontent d’une nouvelle jugeant sévèrement les problèmes conjugaux de la duchesse de Chaulnes et de son mari. La plupart des noms réels étant masqués, nous n’avons pu que supposer qu’il s’agit de la nouvelle éponyme, « Fleurs d’adultère ».
Les nouvelles sont, de manière générale, écrites en prose. Toutefois, le lecteur peut observer des glissements vers un style plus théâtral notamment dans les scènes de dialogues. Cet effet permet de conférer plus d’efficacité au texte : on peut le voir dans la nouvelle « Le Bedeau », où l’intervention d’une tierce personne se fait de manière plus scénarisée. Le dialogue répondant jusqu’alors aux critères de rédaction en prose, se transforme et annonce ensuite le nom des personnages à chaque parole prononcée. Ceci garantit une meilleure compréhension de la scène. D’autres nouvelles sont caractérisées par une prose plus journalistique, où Scholl prend des faits divers pour les réinterpréter à sa convenance. C’est le cas pour « Fleur d’adultère », où il s’appuie sur un scandale mondain relaté par le journal Le Gaulois, pour nous livrer sa propre vision à la fois du scandale et de l’article.
Le recueil dans son ensemble est caractérisé par un ton très satirique. La moquerie lui permet d’aborder un certain nombre de sujets polémiques : il ne recule pas devant le blasphème, et n’hésite pas à dire tout haut ce que les autres pensent tout bas en matière de mœurs légères. De plus, les textes sont émaillés de ses commentaires personnels, ce qui lui confère un statut de narrateur très présent dans le déroulement du texte et très partial.
D’après nos ressources, le livre a fait l’objet de plusieurs rééditions successives à l’époque de sa sortie, signe d’un succès plus que probable. La dernière trace que nous en trouvons est une cinquième édition, datée de 1881.
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